La prostate
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La prostate est une glande génitale masculine de la taille d'une châtaigne située juste au-dessous de la vessie
. Elle est traversée par l'urètre, le canal qui permet l'évacuation des urines et du sperme. La prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme.
Les signes urinaires :
Une difficulté de démarrage de la miction : jet urinaire anormal, plus fin ou plus faible.
Envies fréquentes d'uriner (notamment pendant la nuit).
Présence de sang dans les urines.
Sensation de vessie incomplètement vidée. Impossibilité à uriner.
Les signes sexuels :
Ejaculation douloureuse.
Des troubles de l'érection.
Rôle de la prostate :
Le rôle de la prostate est la fabriquer du liquide prostatique qui représente le tiers du liquide séminal. Le liquide prostatique n'intervient pas dans la formation des spermatozoïdes, mais il permet leur survie et leur maturation, favorisant ainsi la fécondation.
Le fonctionnement de la prostate est sous la dépendance de la testostérone qui est une hormone mâle fabriquée par les testicules.
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La prostate représente 33.9% des cancers masculins.
Il apparaît que 95 % des cas de cancer de la prostate surviennent après 57 ans et que 95 % des tumeurs prostatiques détectées à un stade précoce peuvent être efficacement traitées.
L'évolution naturelle de la prostate :
L'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) de la taille d'une châtaigne, la prostate peut augmenter de volume.
On appelle ce phénomène l'hyperplasie bénigne de la prostate. C'est une cause courante d'apparition de troubles urinaire. Tout symptôme de ce type n'est donc pas systématiquement en rapport avec un cancer de la prostate. 
Cancer de la prostate :
L'hérédité :
Les formes héréditaires (au moins trois cas chez les apparentés au premier degré) ne représentent que 5 à 10 % des cancers de la prostate.
Le risque est clairement plus élevé chez les hommes dont la famille est touchée par le cancer de la prostate.
S'il survient chez un parent du premier degré (père ou frère), le risque est deux fois plus important.
Le comportement alimentaire :
Une consommation excessive de graisse animales, notamment celles des viandes rouges, serait susceptible d'augmenter l'incidence de la maladie.
L'âge avancé :
95 % des cas surviennent après 57 ans.
Chez des hommes de 90 ans, on estime qu'il existe 30 % de cancers de la prostate occultes et qui ne seront pas la cause du décès.
Cancer de la prostate : les symptômes
Le plus souvent, le cancer de la prostate reste longtemps silencieux. Quand il se manifeste, on recense les signes suivants qui concernent essentiellement des troubles urinaires ou des difficultés à l'éjaculation.
Cancer de la prostate :
Le dépistage, pour détecter un cancer de la prostate, il y a : le toucher rectal, le dosage des PSA et la ponction-biopsie du tissu prostatique.
Le toucher rectal
Vers 50 ans, à l'occasion d'une visite, le médecin peut explorer la prostate à travers le rectum. C'est le toucher rectal.
Cet examen est indolore, pratiqué le plus souvent par le médecin généraliste, avant d'orienter le patient vers un urologue.
Au niveau de la prostate le médecin recherche une excroissance, une masse indurée. Ce simple examen permet de détecter un cancer bien avant l'apparition des signes cliniques.
Il est donc vivement recommandé de le faire faire tous les ans dès l'âge de 50 ans.
Le dosage des PSA :
Dans le cadre du dépistage ou en cas d'anomalie du toucher rectal ou encore en cas de signes fonctionnels urinaires, le médecin demande le dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate). On le dose dans le sang.
Cependant, ce test isolé ne signifie pas la présence d'un cancer. On rencontre des taux élevés de PSA dans d'autres affections, bénignes la plupart du temps (inflammation, infection, après un rapport sexuel...).
La ponction-biopsie du tissu prostatique:
La biopsie d'un fragment de la prostate permet, après une analyse au laboratoire d'anatomopathologie, de confirmer ou non la présence d'un cancer.
Le prélèvement s'effectue d'ordinaire en introduisant directement dans la prostate une aiguille guidée par un appareil appelé sonde d'échographie endorectale.
Plusieurs biopsies sont effectuées. Cet examen peut se faire en salle de consultation. Il n'est pas douloureux, mais peut être désagréable. La biopsie permet de déterminer le degré de malignité du cancer, qui conditionne le traitement.
Dans les semaines qui suivent, le patient peut trouver un peu de sang dans les urines ou dans le sperme. Cela n'a rien d'inquiétant après cet examen.
L'évaluation du stade de la prostate :
Les cancers de la prostate sont généralement des tumeurs à croissance lente, qui peuvent parfois n'entraîner aucun symptôme ni même écourter l'espérance de vie, contrairement à d'autres tumeurs très agressives.
Le pronostic dépend à la fois de la présence d'une anomalie ou non au toucher rectal, du taux de PSA sérique et de la différenciation des cellules que l'on évalue à l'aide du score de Gleason
Le score de Gleason est la méthode la plus largement utilisée aujourd'hui pour définir l'agressivité du cancer de la prostate. Il est un des principaux facteurs pronostiques du cancer de la prostate.
La classification de Gleason est fondée sur le degré de différenciation de la tumeur. Elle est cotée du grade 1 au grade 5.
Le score de Gleason, de 2 à 10, est la somme des deux grades les plus fréquemment représentés dans la tumeur analysée (2 étant la forme la moins agressive et 10 la forme la plus agressive). Les tumeurs les plus agressives, qui se propagent rapidement en dehors de la glande prostatique, affichent le score le plus élevé.
L'échographie transrectale de la prostate :
L'échographie utilise des ultrasons pour produire une image de la prostate. Les ultrasons sont produits par une sonde qui est introduite par l'anus. Comme il n'y a que l'épaisseur de la paroi du rectum qui sépare la prostate de la sonde, les images de la prostate ainsi obtenues sont excellentes et l'on peut ainsi guider très précisément une aiguille pour faire des prélèvements à un endroit déterminé de la prostate.
Les biopsies prostatiques sont faites actuellement sous contrôle échographique. Les biopsies faites "à l'aveugle", sous simple guidage au doigt, ne sont plus acceptables actuellement. L'examen est fait en externe, après une éventuelle anesthésie locale, et ne nécessite ni hospitalisation, ni anesthésie générale.
Le scanner :
Le scanner, ou tomodensitométrie, utilise une source de rayonnements tournante pour produire des images du corps selon différents angles.
Un ordinateur combine toutes les informations pour reconstituer une image qui apparaît comme une coupe transversale du corps à différents niveaux.
Le scanner est utilisé pour détecter des ganglions ou l'extension du cancer à d'autres organes (métastases à l'os). Il n'est pas réalisé systématiquement.
La résonance magnétique :
L'imagerie par résonance magnétique (IRM) ressemble à un scanner mais utilise un champ magnétique au lieu de rayons. L'IRM peut détecter des ganglions augmentés de volume. Surtout, on peut utiliser une sonde rectale (IRM endorectale) pour obtenir des images plus précises du contour de la prostate.
Elle peut ainsi aider à déceler une extension extraprostatique du cancer qui ne peut être détectée par une autre méthode. Ceci permet d'adapter au mieux le traitement local.
La scintigraphie osseuse :
Cet examen permet de détecter l'extension du cancer de la prostate aux os. Un produit légèrement radioactif (sans danger pour les personnes) est injecté par voie intraveineuse et va se fixer sur les os où il est détecté par une caméra. Les métastases osseuses du cancer de la prostate sont détectées car elles apparaissent sous la forme de zones d'hyperfixation, où le produit injecté s'accumule en raison de l'intense activité des cellules.
La scintigraphie osseuse peut être anormale en l'absence de métastases osseuses, en particulier quand il existe de l'arthrose, des antécédents de traumatisme ou d'autres maladies osseuses. Elle n'est pas réalisée systématiquement.
En associant le score de Gleason, le taux de PSA et les informations obtenues lors du toucher rectal, de l'échographie transrectale et du bilan d'extension, on peut classer le cancer de la prostate (localisé ou métastatique) et décider ainsi le type de traitement.
Cancer de la prostate : les traitements
Plusieurs options thérapeutiques s'offrent aux patients et aux médecins en fonction du stade du cancer de la prostate, mais aussi en fonction de l'âge des patients : la surveillance, la chirurgie, la radiothérapie, l'hormonothérapie et la chimiothérapie.
La surveillance active de la prostate :
Elle est proposée pour les hommes dont la tumeur est localisée avec un faible risque de récidive et une évolution prévisible lente.
La prostatectomie totale :
C'est l'ablation chirurgicale de la prostate dans son intégralité ainsi que des tissus voisins. Certains urologues pratiquent une technique chirurgicale nouvelle pour préserver les bandelettes neuro-vasculaires. Cette méthode peut permettre d'éviter de causer des lésions permanentes aux nerfs qui contrôlent l'érection et la vessie.
Lorsque la capsule prostatique semble envahie, la prostatectomie totale doit faire l'objet de discussion au cas par cas au sein des réunions de concertation multidisciplinaire rassemblant oncologue, radiothérapeutes et urologues.
Le taux d'impuissance est en moyenne de l'ordre de 50 % à 60 %, un an après l'intervention, si les bandelettes neuro-vasculaires ont été conservées au cours de l'opération. Le taux d'incontinence complète post-opératoire est inférieur à 5 ou 10 %. La mortalité de la prostatectomie totale est inférieure à 1 %.
La radiothérapie externe :
Elle consiste à administrer des rayonnements directement sur la tumeur. La radiothérapie externe du cancer de la prostate est réalisée en ambulatoire 5 jours par semaine pendant environ 6 à 8 semaines.
La radiothérapie externe débute par une séance de planification ou de simulation au cours de laquelle des repères sont pratiqués sur le corps et des mesures prises pour diriger plus précisément les rayonnements sur le volume cible tumoral lors de chaque séance de radiothérapie.
Les patients sont allongés sur une table et reçoivent des rayonnements multidirectionnels qui convergent sur le bassin. La radiothérapie est en général bien tolérée, ses effets secondaires immédiats (fatigue, réactions cutanées...) pouvant être atténués par des règles d'hygiène et des soins locaux. Les effets secondaires tardifs, qui apparaissent longtemps après la fin du traitement, sont plus rares. Il peut s'agir d'atteintes cutanées (perte de souplesse de la peau, couperose...) ou de complications internes atteignant le rectum ou le système urinaire.
On peut aussi observer de 10 à 50 % de cas d'impuissance.
La radiothérapie conformationnelle :
C'est une amélioration technique récente qui permet à la fois de délivrer une dose élevée de rayonnements au niveau de la tumeur (à l'aide d'un scanner qui donne une image précise) tout en évitant d'endommager les tissus sains.
On améliore ainsi l'efficacité du traitement tout en diminuant les effets secondaires.
La curiethérapie (ou radiothérapie interne) :
C'est toujours de la radiothérapie mais en plaçant une source radioactive directement dans la prostate. La méthode la plus courante est la curiethérapie interstitielle qui consiste en l'implantation permanente de grains radioactifs dans le tissu prostatique à travers le périnée.
L'implantation est pratiquée au bloc opératoire sous anesthésie générale ou épidurale (anesthésie de l'abdomen et des membres inférieurs).
L'hormonothérapie :
Elle désigne les traitements qui contrôlent la croissance de la tumeur en régulant les hormones. La croissance des cellules de la prostate dépend en effet de l'influence de certaines hormones, essentiellement la testostérone. Celle-ci joue un rôle essentiel dans le cancer de la prostate en accélérant son évolution.
L'hormonothérapie vise à réduire l'action de la testostérone sur la prostate. Elle permet de diminuer de manière spectaculaire la taille de la tumeur et le nombre de métastases et de ralentir la croissance tumorale. Il s'agit du principal traitement utilisé contre le cancer de la prostate.
Les principaux types d'hormonothérapie sont :
La castration chirurgicale (ou orchidectomie) : cette intervention entraîne une diminution partielle du taux de testostérone. L'intervention chirurgicale est bien tolérée par la plupart des patients et peut être facilement pratiquée sous anesthésie locale.
Les oestrogènes : les oestrogènes diminuent le taux de testostérone. L'oestrogène le plus couramment utilisé est le diéthylstilbestrol (DES). Le recours à ce traitement à forte dose nécessite une surveillance cardiovasculaire. Les doses plus faibles ont néanmoins montré qu'elles limitaient ce type de risques. Une dose de 3 mg par jour permet une meilleure efficacité mais augmente les risques d'effets secondaires.
Les analogues de la LH-RH : les analogues de la gonadolibérine (LH-RH) entraînent une diminution directe et rapide du taux de LH, de FSH et de testostérone. Ce médicament bloque donc la production de testostérone par les testicules. Ce faisant, les cellules cancéreuses ne reçoivent plus d'hormones masculines et leur croissance est diminuée.
Les anti-androgènes : toutes les hormones mâles ne sont pas sécrétées par les testicules. Une petite quantité de ces d'hormones est aussi sécrétée par les glandes surrénales et échappe donc à l'action de l'orchidectomie bilatérale ou des analogues de la LH-RH. Les anti-androgènes inhibent l'effet des hormones mâles résiduelles sur les cellules cancéreuses de la prostate. Les anti-androgènes bloquent les récepteurs des cellules cancéreuses sensibles aux androgènes. Ce blocage fait que les cellules cancéreuses ne peuvent plus ni croître ni proliférer. Cette association thérapeutique porte le nom de blocage androgénique total (BAC). Leurs effets secondaires les plus fréquents sont directement liés à la diminution du taux d'hormones : bouffées congestives, perte de libido et impuissance.
chimiothérapie : c'est le recours à des médicaments spécifiques qui peuvent soit détruire les cellules cancéreuses soit les empêcher de proliférer. Ainsi, elle entraîne une diminution de taille de la tumeur et s'oppose aux risques de métastases. La chimiothérapie est une option thérapeutique importante pour les patients dont le cancer de la prostate s'est propagé en dehors du tissu prostatique, malgré le recours à une hormonothérapie. Ses effets secondaires sont en grande partie liés à ce mode d'action : nausées et vomissements, chute des cheveux, inflammation de la muqueuse buccale, diarrhées, constipation, chute du taux de globules blancs, de globules rouges et de plaquettes, troubles cutanés.
Ces effets, parfois extrêmement gênants, sont en général transitoires, d'intensité variable, et disparaissent habituellement à l'arrêt du traitement. Ils peuvent, pour la plupart, être prévenus par un traitement adapté.
Prostate anatomie et graine de courge